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Picard s’essaie aux leds

L’engagement pris par les GMS d’équiper de portes leurs meublesfroid pose la question cruciale de l’éclairage. L’expérience de Picard sur ses congélateurs verticaux apporte quelques réponses.

D’après l’engagement signé mi-janvier entre la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et la désormais ex-ministre de l’Écologie et du Développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet, les enseignes alimentaires françaises devront munir de portes au moins 25% de leurs meubles frigorifiques destinés aux produits frais d’ici à 2015 et 75% d’ici à 2020. Soit la bagatelle de 700 kilomètres de rayons et de 300 000 meubles, qui seront aussi contraints de revoir leur éclairage. Un tube fluorescents T8 émet 100% de son flux nominal à 25 °C de température ambiante, chiffre qui chute à 60% à une température ambiante de 5 °C. Avec, à la clé, les risques d’un impact négatif sur le merchandising et d’une baisse des achats d’impulsion dans certains rayons (boucherie, fromage…).

« CE QUI EST BIEN ÉCLAIRÉ EST BIEN VENDU »
Des solutions ? En région parisienne, Picard teste des systèmes équipés de lentilles leds au lieu de tubes dans ses vitrines verticales à froid négatif. 80 points de vente sont concernés et 17 rénovations sont prévues cette année, contre 13 l’an dernier. « Les tubes donnant une lumière blafarde, nous nous sommes mis en quête d’une alternative, car nous savons mieux que quiconque que ce qui est bien éclairé est vendu », explique Aymar Le Roux, responsable patrimoine et sécurité de la chaîne. Pour mieux mettre en valeur son offre, Picard s’est finalement tourné vers le système à leds, aussi applicable aux meubles à 5 °C quand on leur ajoute des portes à double vitrage (ce qui est majoritairement le cas, avec 45 à 50% de réduction de la consommation pour un double vitrage et de 25 à 40% avec un simple vitrage). « Entre un tube et des leds, c’est le jour et la nuit en termes de valorisation du produit, au point que nos clients nous demandent ce que nous avons bien pu changer après chaque rénovation », témoigne Aymar Le Roux. L’homogénéité de la lumière, la durée de vie des rampes (jusqu’à 40 000 heures) et leurs gains en termes de consommation d’énergie (jusqu’à 75%) sont aussi appréciables. Une fois terminé le rééquipement de ses 80 points de vente, Picard prévoit de récupérer son investissement en trois ans et demi ou quatre ans.

PLUS QUE DES ÉCONOMIES
Quoi qu’il en soit, Picard refuse de se limiter à une approche strictement économique. « Nous parlons d’un facteur, l’éclairage, qui affecte directement les ventes, de sorte que, vu les premiers résultats encourageants, nous n’excluons pas d’accélérer la rénovation de notre parc de vitrines », souligne Aymar Le Roux. Une démarche commercialement profitable (bien qu’il soit pour le moment impossible de chiffrer l’impact précis sur le ticket de caisse) qui s’inscrit, par ailleurs, dans des préoccupations de développement durable.

L’expérience Picard en chiffres :
• Installation de systèmes à leds dans les vitrines verticales à froid de 80 magasins
• 13 rénovations effectuées en 2011, 17 prévues cette année à raison de 15 rampes à leds par magasin
• Retour sur investissement entre trois et quatre ans
• Entre un et un jour et demi d’arrêt des vitrines pour rénover un magasin