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La fin de l’halogène

Plus de 7.000 emplois sont menacés en Europe par le retrait en 2016 des ampoules « éco-halogènes ».

Après avoir du absorber le retrait des ampoules à filament, les industriels de l’éclairage font face à un nouveau défi : celui des lampes éco-halogènes à compter de 2016 en vertu de la réglementation européenne. A cette date, les éclairages de classe énergétique C ne pourront plus être commercialisés, ce qui menace la survie de cette technologie plus économe en énergie que l’incandescence, mais moins que les fluo-compactes ou les LED.

Comme elles sont le plus proches en design et en prix des bonnes vieilles lampes à filament, les éco-halogènes ont massivement remplacé la technologie inventée par Thomas Edison. En France, l’éco-hallogène a représenté la moitié des achats d’ampoules l’an dernier chez les particuliers, selon l’institut GfK. Les consommateurs les préfèrent souvent aux lampes fluo-compactes, plus lentes à l’allumage et plus délicates à recycler à cause du mercure, et aux LED, encore perçues comme trop chères.

Casse tête pour les acteurs traditionnels de l’éclairage

Les ampoules éco-hallogènes n’ont pas seulement supplanté l’incandescence chez les consommateurs, elles s’y sont aussi substituées dans les usines européennes, moyennant de lourdes restructurations comme chez Osram à Molsheim (Alsace) en 2009. D’où un nouveau casse tête pour les acteurs traditionnels de l’éclairage, tels que Philips, Osram ou GE : que faire de leurs usines européennes, sachant que les LED, technologie finale de substitution, risquent de venir massivement d’Asie ? Pour se donner plus de temps, les industriels ont demandé un report de quatre ans de l’échéance de 2016. « La date de 2016 est perçue comme bien trop proche, défend Jürgen Sturm, secrétaire général de Lighting Europe, le lobby du secteur. Il n’y aura pas de remplacement adéquate car les prix des LED seront encore trop élevés. »

Cette demande a été - au moins en partie - relayée par les Etats membres. La France demande un report à 2018, l’Allemagne en 2020. Problème : la commission n’a pas pu répondre avant les élections européennes, si bien que le dossier a été repoussé à la fin de l’année, après la constitution de la nouvelle Commission. « Nous espérons un retour de la Commission après l’été, au plus tard à la fin de l’année », indique Jürgen Sturm.

Convertir les usines au LED

Selon le rapport Vito remis fin 2013 à Bruxelles, la fin de l’éco-halogène menacerait entre 4.165 et 4.350 emplois directs. En tenant compte des emplois indirects, l’impact social dépasserait 7.000 postes. Deux usines en France seraient concernées : celle d’Osram en Alsace, qui emploie encore 320 personnes après sa reconversion difficile il y a cinq ans, et celle d’un fournisseur à Pont à Mousson, Dr. Fischer (60 personnes).

Face à ce défi, les industriels de l’éclairage ont dans un premier temps cherché à commercialiser des ampoules éco-hallogènes de catégorie B, qui n’auraient donc pas été concernées par l’échéance de 2016. Sans succès. « Les prototypes coûtaient très cher et il fallait mettre de l’éléctronique comme dans les LED », indique Lighting Europe.

L’autre solution consisterait à convertir les usines au LED. Mais les initiatives de ce type, comme celle de Havells Sylvania à Tienen (Belgique), sont encore marginales. « L’industrie change de point de vue. Nous réalisons que nous devons produire au plus près de nos marchés pour être plus réactifs », nuance David Meyer, responsable marketing France d’Osram. Le groupe allemand a présenté lors du dernier salon « Light & Building » une ampoule LED destinée à être « Made in Germany ».


Les Echos